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L'ADOUBEMENT DE GEOFFROY PLANTAGENET
Franchissant les bornes de l'enfance, dans la première fleur du printemps de l'adolescence, Geoffroy parvint à sa quinzième année...
Par mandement du roi, le comte reçut l'ordre d'envoyer avec pompe à Rouen pour la Pentecôte prochaine son fils qui n'était pas encore chevalier, pour qu'il participât aux réjouissances royales, en vue d'y entrer en chevalerie avec les damoiseaux de son âge...
Le lendemain l'adolescent prit un bain, comme le veut la coutume de l'entrée en chevalerie, et s'apprêta... Les ablutions finies, au sortir de la salle de bains, Geoffroy le noble fils du comte d'Anjou, est couvert d'une chemise de lin, revêt une robe de drap d'or, un manteau teint de pourpre, met des chausses de soie et des souliers brodés de lionceaux d'or. Ses compagnons, qui s'apprêtaient à recevoir avec lui l'honneur d'entrer en chevalerie, s'habillent tous de lin et de pourpre... Le gendre royale sortit de la chambre avec la noble escorte de damoiseaux de son âge et savança en public. On amena les chevaux ; on apporta les armes ; on les répartit entre eux
On amena à lAngevin, un cheval dEspagne brillamment paré, qui était, à ce quon dit, si rapide que beaucoup doiseaux ne pouvaient le rattraper au vol. Il revêt une cuirasse sans pareille, aux mailles doubles, quaucune lance, aucun trait ne pouvait transpercer. Il revêt des chausses aux mailles également serrées ; on lui met des éperons dor. On suspend à son cou un bouclier orné de lionceaux dor ; on met sur sa tête un heaume brillant de pierres précieuses si bien trempé que le fil daucune épée ne pouvait lentamer ni le fausser. On lui tendit une lance de frêne dont le fer était en acier de Poitiers. Enfin on lui tendit une épée conservée de toute antiquité dans le trésor royal, que le meilleur des forgerons, Galant, avait fabriqué avec le plus grand soin et sans ménager sa peine. Ainsi armé notre nouveau chevalier, promis à devenir la fleur de la chevalerie, avec une étonnante agilité et sans laide détriers, bondit sur le cheval rapide. Que dire de plus ? Ce jour dentrée en chevalerie, voué à lhonneur et à la joie, se passa en exercices guerriers et en splendides festins. Les fêtes de cette entrée en chevalerie durèrent auprès du roi sept jours entiers sans désemparer.
Histoire de Geoffroy, comte de lAnjou.
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